| |
Dossier de presse disponible ici:
Relation presse :
Michel May
+41 (0)79 606 92 86
michel.may@bluewin.ch
Anciens articles et articles actuels disponibles ici.
UN ADULTE AU PRINTEMPS
NOUVELLISTE, 26 MARS 2009
Riche d'expériences et de
rencontres, Marc Aymon revient avec un nouvel album, «Un
amandier en hiver». A voir et à entendre au
Théâtre Interface ce week-end.
«L'astronaute» avait
fait décoller le Valaisan pour des voyages musicaux
en Suisse romande, en France, Belgique et Canada sur des
scènes prestigieuses comme les Francomanias, le Paléo
ou le Caprices. Marc Aymon revient avec un nouvel album
«Un amandier en hiver» enregistré à
Paris avec Frédéric Jaillard aux commandes
qui a, entre autres produit l'album de Thomas Dutronc «Comme
un manouche sans guitare». De rencontres en rencontres,
d'étapes en étapes, Marc Aymon grandit et
confirme un talent de mélodiste et de chanteur.
Trois ans après «L'Astronaute»
ce nouvel album a eu le temps de mûrir.Comment est-il
né?
Le disque a germé pendant un mois à Saint-Saphorin
sur la Riviera vaudoise. Il fallait un lieu, une vieille
bâtisse pour écrire de nouvelles chansons.
Il y a eu de petites idées, mais rien n'est venu.
Si ce n'est l'envie d'aller vers les gens, vers les vignerons,
les gens des bistrots. J'ai besoin d'être entouré...
Et le jour où j'ai
quitté Saint-Saphorin les textes sont venus, j'avais
eu besoin de vivre pour les écrire. La voix est venue
aussi, plus basse, celle d'un homme, avec le plaisir de
sentir une vibration.
N'avez-vous pas eu peur de perdre l'inspiration?
On l'a et on la perd en continu. J'étais arrivé
à un stade où je n'osais même plus écrire.
Mais il y a eu plein de regards tendres qui disaient «vas-y».
La chanson «Va vers ce que tu aimes» parle de
ça. C'est une phrase un peu bateau mais pas si anodine
finalement car ce n'est pas facile d'oser aller vers ses
envies. Il faut juste essayer de se dire «j'essaie
et je fais».
Cet album a été
enregistré à Paris. Pourquoi?
Partir à Paris a été un concours de
circonstance. Je jouais à Montauban dans un festival.
Après mon concert j'ai vu un guitariste, Frédéric
Jaillard, qui jouait sur une Gibson 67 et accompagnait admirablement
une chanteuse. J'ai discuté un moment avec lui. Il
m'a dit réaliser des disques dont celui de Thomas
Dutronc. Je suis donc monté à Paris pour lui
faire écouter mes chansons. Il a travaillé
sur deux titres en a fait les arrangements de manière
très boisée car il est guitariste. Cétait
un travail d'orfèvre avec une minutie sur les détails.
C'est la première fois que je travaillais avec un
regard extérieur qui me dirigeait. J'ai dû
m'aligner mais ce n'était pas difficile. Je me suis
laissé faire. Ces arrangements m'ont surpris et plu
en même temps.
C'est un disque où les
guitares sont mises en avant...
Dans son studio, il y avait une quinzaine de guitares
d'anthologie, des strat qui appartenaient à Jacques
Dutronc, de vieilles Gibson. J'ai aimé les jouer,
sentir leur âme, leur âge. Frédéric
Jaillard m'a conduit vers la simplicité. C'est un
pas en avant pour moi. J'avais tendance à me cacher
derrière la musique. Lui a privilégié
l'espace, avec des titres où il n'y a que moi et
la guitare... Je me rends compte que les grands musiciens
sont les gens les plus à l'écoute de qui tu
es et qui nourrissent ton univers, ta chanson.
Quelle est l'évolution
pour vous entre «L'astronaute» et «Un
amandier en hiver»?
«L'astronaute» était un disque
adolescent, maintenant je suis dans la planète adulte.
Paradoxalement, plus j'avance et plus j'ai l'impression
de rajeunir en faisant confiance à mon instinct.
Lui me fait de merveilleux cadeaux, des rencontres... Ce
disque est moins amusant que «L'astronaute»
mais je le sens plus puissant. Il m'a donné confiance
même si je me méfie d'avoir confiance, car
si tu en as trop, tu t'endors. Je suis fier pour la première
fois de ma vie.
Vous dites
que c'est un disque de rencontre...
Je suis surtout attiré par la fibre humaine.
Quand j'étais petit je disais «bonjour!»
à tout le monde dans la rue. A Paris quand tu le
fais tu passes pour un dingue. Mais j'aime ça. «Adolescent»
part d'un texte que Patrick Fellay de Charlotte Parfois
m'a offert, «Le coup
parfait» est un duo avec Mr Roux rencontré
lors de la tournée au Québec, «Ne meurs
jamais» une rencontre avec un chanteur chilien. Seul
à Paris, j'ai eu besoin d'aller vers les gens aussi.
J'ai rencontré Frank Margerin, mon héros en
bande dessinée. Je lui faisais écouter mes
chansons, lui demandais son avis. Il chante aussi sur un
titre. C'est un rêve réalisé.
C'est un peu aller au culot?
Ce n'est pas le mot, c'est aller au bout
de ses envies. Je ne force rien, c'est lui qui m'a ouvert
la porte. Je les pousse tout le temps, il y en a qui s'ouvrent
et d'autres pas. Celle de Jean-Louis Aubert ne s'est jamais
ouverte. Je n'ai aucun complexe par rapport au culot.
Cet album parle de la mort, du temps qui passe aussi. La
peur de mourir vous tenaille?
Depuis tout petit... et tout le temps. Au début
cela me handicapait parce que je ne le gérais pas.
Maintenant c'est devenu une peur positive qui me pousse
à aller de l'avant, vers ce que j'aime, à
aller chanter partout, qui me conduit à ce que tous
les instants soient différents des autres. Cela me
pousse à l'étonnement. Ce disque parle de
la mort, et beaucoup de la vie. J'ai peur de passer à
côté de quelque chose, de passer à côté
de ma vie.
26 mars 2009 - DIDIER CHAMMARTIN
|
|